L’Antiquité selon Guillaume Budé – À l’école d’un humaniste érudit

Nous signalons la parution d’un ouvrage de Romain Menini et Luigi-Alberto Sanchi, L’Antiquité selon Guillaume Budé. À l’école d’un humaniste érudit, le 15 janvier 2025, aux Belles Lettres dans la collection « Essais ».

Cliquez sur ce lien pour lire la présentation sur le site de la maison d’édition : https://www.lesbelleslettres.com/livre/9782251456584/l-antiquite-selon-guillaume-bude.

Parmi les géants de son temps, Guillaume Budé tient une place à part. Il est assurément le plus singulier des lettrés français de la première Renaissance. Contemporain d’Érasme et de Thomas More, il posa comme nul autre avant lui – mais aussi après lui, peut-être – la question des humanités en France, ainsi que les bases d’une réflexion nationale en la matière. Parallèlement à son rôle dans la politique culturelle du royaume, ses ouvrages montraient la voie encyclopédique d’études qui n’entendaient laisser de côté aucun domaine de la connaissance antiquaire : philologie du Digeste, patristique, lexicologie du grec ancien, érudition numismatique, histoire économique. Autant de domaines qui, de nos jours, n’apparaissent plus guère dans un cursus de lettres classiques, voire d’histoire ancienne. Or les recherches savantes auxquelles Budé s’adonna tout au long de sa vie ne sauraient être comprises, dans leur portée et dans leur signification, qu’en étant replacées dans le contexte qui fut le leur. Sans cet effort historique – lequel était déjà au fondement de la démarche même de Budé face à l’Antiquité –, nous risquons de nous heurter à un monde incompréhensible. Ainsi sonnait déjà la leçon des écrivains de la « Renaissance » : c’est en tentant de comprendre de l’intérieur les civilisations révolues, dans toute la diversité de leurs préoccupations – et quitte à mesurer ce qui nous en sépare –, que nous en pourrons tirer les enseignements les plus utiles à notre temps.

TABLE DES MATIERES

Avant-propos
Qui était Guillaume Budé ?

Budé, géant héroïque des lettres françaises
Quelques éléments de biographie

Saisir Protée : contours de l’encyclopédie budéenne
Au filtre de la manière budéenne
Une érudition de grand style
L’invention d’un nouveau genre d’écriture
Inventer l’« encyclopédie » : cercle et périphrases
Saisir Protée : inattingible, l’Antiquité ?
Quel « discours de la méthode » ?
Une périodisation d’humaniste
Le premier millénaire avant notre ère : convergence des histoires sainte et classique
De l’Antiquité classique à la fin de la civilisation antique
Trois massifs philologiques
Annotationes in Pandectas
De Asse
Commentarii linguæ græcæ
Dans l’atelier de l’humaniste : Budé parmi ses livres
Budé correcteur de lui-même
Notes, fiches et carnets
Livres annotés
La bibliothèque de Budé
Un exemple : Démosthène manuscrit et imprimé
Les nouveautés de la librairie aldine
Livres prêtés, livres empruntés : le réseau budéen

Le philologue au travail : chemins de la recherche érudite

Droit romain, morale et anthropologie
Le droit chez les éléphants et les bêtes sauvages
L’épineuse question de l’équité
Des centumvirs à la Vulgate : Budé et la Bible
De l’entéléchie (Aristote) à la loi d’Adrastée (Platon)

Un point de départ : la doxographie du pseudo-Plutarque
Le De Asse et la ψυχή selon Aristote et Cicéron
Cicéron et Politien au pilori
Le corpus aristotélicien et ses commentateurs
Platon, inadmissible païen ou sage préchrétien ?
La loi Adrastia
Fortune, hasard, nécessité, liberté
Philosophie e(s)t Éloquence
La fabuleuse histoire du million de sesterces
En premier lieu, constater le problème et son étendue
Ensuite, échafauder la démonstration résolutive
Enfin, montrer les avantages scientifiques de la solution obtenue
Deux ouvrages pour deux publics
Défense et illustration de la langue grecque
Une constante : l’apologie pour une « langue géniale »
Suite du panégyrique… en français
Le lexique grec, corne d’abondance
L’étude du grec, rempart nécessaire contre le purisme
Dithyrambe pour Philoponie
L’ascèse et l’exégèse : Budé lecteur des Pères grecs
Les Pères cappadociens, figures tutélaires
Vie solitaire, sodalités spirituelles
Ascèse de la philologie, philologie de l’ascèse
« Denys le Grand » : le rayonnement et l’énigme
Sur la foi de l’apocryphe : le sublime du pseudo-Denys

Guillaume Budé, bâtisseur de la modernité française

Budé en son temps, Budé pour notre temps
Du « tonneau » de Diogène….
… à l’Hercule gaulois
Le Gymnase de Marseille, puis le Collège de France
Une nouvelle école française d’érudition
Un héritage aux contours extensibles
L’inventeur de la monographie savante ?

Ouverture : L’Antiquité selon Budé est-elle l’avenir des études anciennes ?
Notes
Aperçu de la bibliothèque de Guillaume Budé
Tableau chronologique des œuvres de Guillaume Budé
Bibliographie
Index nominum

Séminaire Réceptions de l’Antiquité – Nantes Université

Lien : https://classnantes.hypotheses.org/10839

RECEPTIONS_ANTIQUITE_PROGRAMME_24_25

Le Département de Lettres classiques et Sciences de l’Antiquité de Nantes Université inaugure, à la rentrée 2024, un cycle de conférences consacrées aux réceptions de l’Antiquité.

Le programme de cette première année se concentre, plus spécifiquement, sur la transmission et la réception de l’Antiquité aux XVe et XVIsiècles (enjeux littéraires, philologiques et esthétiques).

Toutes les séances seront accessibles en distanciel.
Organisation : Déborah Boijoux (Deborah.Boijoux at univ-nantes.fr)

  • lundi 2 décembre (9h30-12h) :
    -Sylvie Laigneau-Fontaine (U. Bourgogne) : “Des Muses et des Géants en Bourgogne au XVIe siècle : Jean Girard et Jacques Guijon”
    -Anne Rolet (U. Rennes 2) : “L’Égypte rêvée de la Renaissance”
  • mardi 11 février (10h-12h) :
    -Virginie Leroux (EPHE) : “Mythologies du sommeil dans l’Antiquité et la Renaissance”

 

  • jeudi 6 mars (14h-16h) :
    -Mathieu Ferrand (U. Grenoble Alpes) : “Publier la comédie néo-latine, du manuscrit à l’édition critique”

 

  • mercredi 19 mars (14h-16h) :
    -Natalia Bercea Bocskai (U. Paris III) : “Relectures du mythe troyen chez Hélisenne de Crenne”

 

  • lundi 5 mai (9h30-12h) :
    -Malika Bastin-Hammou (U. Grenoble Alpes) : “Penser la traduction dramatique au XVIe s. : l’apport des paratextes aux éditions et traductions du théâtre grec”
    -Pascale Paré-Rey (U. Jean Moulin – Lyon 3) : “Réception de la tragédie latine à travers l’histoire culturelle de ses éditions”

L’Europe « en désastré visage » ? Calamités, désastres et catastrophes à la Renaissance

ProgrammeEuropeDesastreVisage181024

L’Europe « en désastré visage » ? Calamités, désastres et catastrophes à la Renaissance

7 NOVEMBRE 2024 | 9h-17h30

8 NOVEMBRE 2024 | 9H-18H

Sorbonne, salle des Actes

C O L L O Q U E

Organisation

Julien Goeury, professeur (Littérature française)

Nicolas Le Roux, professeur (Histoire)

Emmanuel Lurin, maître de conférences (Histoire de l’art)

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Version en texte clair du programme :

JEUDI 7 NOVEMBRE 2024

 Ouverture

par la Doyenne Béatrice Perez

9h00              Accueil des participants 9h15            Introduction

Julien Goeury (CELLF), Nicolas Le Roux (CRM/IRCOM) et Emmanuel Lurin (Centre André Chastel)

SESSION 1 | Des maux ordinaires aux fins ultimes, la mort comme horizon

9h30              Alicia Viaud (Université de Montréal)

“Trois fléaux ordinaires” : guerre, “cherté” et “pestilence” sous la plume d’Achille Gamon

10h00            Stéphane Gal (Université Grenoble Alpes, LARHRA)

Traverser les Alpes : une catastrophe ?

10h30            Pause

11h00            Sophia Buehrer (New York University)

“Plus tost mourir que de vivre” : l’océan et la peur de l’effacement dans l’Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil

11h30            Louis-Patrick Bergot (Université de Strasbourg)

Eschatologie des catastrophes extrêmes à la Renaissance

12h00            Discussion

12h30            Déjeuner

 SESSION 2 | Dérèglements du monde : les calamités naturelles et leur interprétation

14h30            Hélène Casanova-Robin (Sorbonne Université, Littérature latine)

Les séismes en Campanie : quelques témoignages littéraires des humanistes du Quattrocento (de G. Manetti à G. Pontano)

15h00            Anne Lemerre-Louerat (Sorbonne Université, CELLF)

Quand la terre tremble : dire le séisme, de Jean-Antoine de Baïf à Scévole de Sainte-Marthe

15h30            Florian Métral (Sorbonne Université, Centre Chastel)

La preuve par l’image. Des catastrophes célestes dans les tracts de la Renaissance

16h00            Pause

16h30            Pauline Goul (Université de Chicago) et Jérémie Foa (Aix-Marseille Université)

“Une grande froydure” : penser le dérèglement climatique entre histoire et fiction

17h00            Elisabeth Rothmund (Sorbonne Université, REIGENN)

L’éruption du Vésuve (1631) au prisme de la guerre de Trente Ans – Vesuvius. Poema Germanicum de Martin Opitz (1633)

17h30            Discussion

*

VENDREDI 8 NOVEMBRE 2024 

SESSION 3 | Drames politiques et catastrophes en histoire

9h00              Pamela Mauffrais (Sorbonne Université, Rome et ses renaissances)

La mise en scène d’une catastrophe : la mort d’Isotta degli Atti, maîtresse de Sigismond Malatesta, dans l’Isottaeus liber de Basinio de Parme

9h30              Emilie Séris (Sorbonne Université, Rome et ses renaissances)

Le fléau de la guerre civile. Récits de conjuration au Quattrocento

10h00            Pause

10h30            Matteo Gianeselli (Musée national de la Renaissance, château d’Ecouen) Représenter “les sanglantes & plus qu’inhumaines executions…”. Calamités, désastres et catastrophes chez Antoine Caron

11h00            Marie-Catherine Souleyreau (Sorbonne Université, IRCOM/Centre Roland Mousnier)

Le désastre dans la correspondance du cardinal de Richelieu : approche pluridisciplinaire pour l’espace lorrain et l’espace lotharingien

11h30            Discussion

12h00            Déjeuner

 SESSION 4 | Le fléau des guerres

13h30            Pauline Lafille (Université de Limoges)

La galerie de Pharsale du château d’Ancy-le-Franc : une guerre catastrophique ?

14h00            Kathleen Long (Cornell University)

Les Paysans face à l’Apocalypse : la souveraineté, la souffrance et le souci des autres dans la littérature des guerres de religion

14h30            Xavier Le Person (Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier)

L’Année de Corbie (1636)

15h00            Discussion

SESSION 5 | Anticiper, administrer, surmonter collectivement les désastres

15h30            Marie Bouhaïk-Gironès (CNRS / EHESS)

Le mystère comme réponse à la catastrophe sanitaire ou climatique

16h00            Pause

16h30          Aurélien Roulet (Université Sorbonne Paris Nord)

De la catastrophe à l’action politique, les autorités municipales face à leur environnement

17h00         Véronique Montagne (Université Côte d’Azur, CNRS BCL)

Réglementer et légiférer sur la peste à la Renaissance : notes sur quelques discours prescriptifs des années 1560-1580

17h30            Renaud Malavialle (Sorbonne Université, Institut Hispanique)

La catastrophe en temps d’incertitudes : diagnostics et remèdes ? Quelques réflexions d’humanistes et chroniqueurs de la Monarchie hispanique (XVIe et début du XVIIe siècle).

18h00            Discussion

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Faculté des Lettres Sorbonne Université

1, rue Victor Cousin 75230 Paris Cedex 05

Tél. 33 (0) 1 40 46 22 11

lettres.sorbonne-universite.fr

Jean-Yves Tilliette, Littérature latine du moyen âge. Les jeux d’une langue poétique

Nous avons le plaisir de vous informer de la parution, le 28 mai 2024, aux éditions Honoré Champion, d’un ouvrage de Jean-Yves Tilliette, Littérature latine du Moyen Âge. Les jeux d’une langue poétique, dans la collection « Essais sur le Moyen Âge ».

Lien vers le site de Champion : https://www.honorechampion.com/fr/editions-honore-champion/13043-book-08536090-9782745360908.html

En voici la présentation :

Les seize études recueillies dans ce volume entreprennent d’explorer certaines des contrées qui composent un continent aujourd’hui oublié de notre ancienne littérature : la poésie latine du Moyen Âge. Elles entendent le faire en adoptant le point de vue de la critique littéraire tout autant que celui de l’analyse philologique et historique. Car la langue savante ne s’est pas alors cantonnée aux usages de la pratique documentaire et de la philosophie scolastique. Elle est aussi créatrice généreuse de formes et de récits. Elle a même d’autant plus vocation à s’incarner sous les espèces de la littérature qu’elle n’est plus langue naturelle. Dès lors, elle peut cultiver en toute liberté les effets du « second degré » et entretenir un dialogue fécond et souvent plein d’esprit, tantôt drôle tantôt sérieux, avec l’œuvre des grands anciens, Virgile ou Ovide, et les témoins les plus brillants des jeunes littératures vernaculaires, poèmes des troubadours ou Roman de Renart. Voilà les jeux de paroles et de sens que l’on s’efforce d’illustrer ici d’exemples variés.

Jean-Yves Tilliette, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, a été professeur de langue et de littérature latines du Moyen Âge à l’Université de Genève de 1990 à 2019. Ses recherches portent principalement sur la poésie latine du Moyen Âge central (XIe-XIIIe siècle) étudiée sous l’angle de son fonctionnement rhétorique et de l’adaptation des modèles classiques au contexte social et religieux du temps. C’est dans cet esprit qu’il a édité l’œuvre poétique complète de Baudri de Bourgueil (1998-2002), analysé la Pœtria nova de Geoffroy de Vinsauf (2000), et commenté et traduit l’Alexandréide de Gautier de Châtillon (2022).

TABLE DES MATIERES

https://www.honorechampion.com/fr/index.php?controller=attachment&id_attachment=2691

*

Jean-Yves Tilliette est aussi l’auteur d’un ouvrage paru chez Droz plus tôt cette année, dans la collection « Recherches et rencontres » : La saveur des mots. Essais sur l’art d’écrire au Moyen Âge.

Lucie CLAIRE, Marc-Antoine Muret lecteur de Tacite. Éditer et commenter les Annales à la Renaissance, Genève, Droz, Travaux d’Humanisme et Renaissance n°DCXXXV2022 (Virginie Leroux)

Lucie CLAIRE, Marc-Antoine Muret lecteur de Tacite. Éditer et commenter les Annales à la Renaissance, Genève, Droz, Travaux d’Humanisme et Renaissance n°DCXXXV2022, 616 p. ISBN : 978-2-600-05860-5.

La critique universitaire a connu un très net regain d’intérêt à l’égard de Marc-Antoine Muret ces dernières années, prenant en compte tant la période parisienne, et notamment le recueil des Juvenilia, que la période italienne. En témoigne, entre autres études et éditions, le collectif Marc Antoine Muret, un humaniste français en Italie, éd. L. Bernard-Pradelle, C. de Buzon, J.-E. Girot et R. Mouren, Genève, Droz, 2020. Lucie Claire vient combler un manque en s’attachant aux travaux multiples que Muret a consacrés à Tacite : un cours sur les Annales, prononcé à l’université de Rome pendant deux années consécutives, en 1580-1581 et 1581-1582, des éditions du premier et du deuxième livres des Annales, quelques chapitres de ses miscellanées, les Variae Lectiones, et un commentaire publié de manière posthume. La leçon inaugurale qu’il prononça à Rome les 3 et 4 novembre 1580, propédeutique au cours tenu pendant deux années sur les Annales, avait déjà fait l’objet de traductions partielles, en français dans l’anthologie des Prosateurs latins en France au XVIe siècle et en anglais dans l’étude de Ronald Mellor et elle a donné lieu à des analyses stimulantes qui font de Muret un précurseur du tacitisme (Alain Michel, Eric MacPhail ou Beatriz Antón Martinez), qui précisent la place qu’occupe Muret dans les débats sur l’imitation de Cicéron (Morris W. Croll, Marc Fumaroli et Christian Mouchel) ou cherchent à identifier ce que la leçon d’introduction révèle de la pratique murétienne de l’enseignement de l’histoire au Studium Romanum (Paolo Renzi). Lucie Claire a le grand mérite d’avoir pris en compte l’ensemble de l’œuvre murétienne et notamment de nombreux documents manuscrits inédits pour la plupart d’entre eux, qui proviennent de la bibliothèque privée de l’humaniste. Grâce aux notes de lecture consignées dans les carnets de Muret et à ses exemplaires personnels annotés, elle reconstitue les étapes et les modalités de l’activité intellectuelle d’un célèbre professeur de la deuxième moitié du XVIe siècle européen et donne accès à une étape fondamentale dans la connaissance de l’historien latin.

Après un chapitre liminaire qui présente la tradition du corpus tacitéen de l’Antiquité à l’édition princeps, la première partie fait le point sur les études qui ont précédé les travaux de Muret, notamment l’édition princeps de Wendelin de Spire et celles de Francescus Puteolanus, Philippe Béroalde, Alessandro Minuziano et Beatus Rhenanus, puis les commentaires d’André Alciat, Beatus Rhenanus, Emilio Ferretti, et Giovanni Ferrerio ainsi que les premières traductions. Lucie Claire cherche à comprendre pourquoi Tacite a éveillé si tard l’intérêt des érudits de la Renaissance et pourquoi la diffusion savante de l’historien antique a été freinée et elle évalue la place de Tacite dans la tradition historiographique et pédagogique.

La seconde partie présente de façon très précise le corpus murétien dont certaines œuvres sont difficiles d’accès, comme les éditions des deux premiers livres des Annales et les volumes possédés par Muret, conservés à la Vaticane, à la Nationale Centrale de Rome ou à la Mazarine. Certains textes font l’objet d’une édition critique annotée et d’une traduction française : c’est le cas des chapitres concernant Tacite dans les Variae Lectiones ou de la leçon inaugurale de Muret dont Lucie Claire analyse la version autographe, contenue dans un manuscrit provenant de la bibliothèque de l’humaniste.

La troisième partie analyse la méthode de critique textuelle de Muret, son usage des arguments externes, son goût pour la conjecture, son attention à la uenustas du discours et aux usages tacitéens, sa conception polémique de la philologie et son intégration dans une sodalitas. Elle évalue sa contribution à l’amélioration du texte des Annales sur la base de cinquante corrections. Elle étudie ensuite la façon dont Muret réhabilite l’historien latin et réfute ses détracteurs en répondant notamment à l’accusation d’immoralité de son œuvre. Revendiquant l’originalité de Tacite dont il fait un modèle d’elegantia et un alter ego, il plaide pour une imitation souple des écrivains de l’autorité. Enfin, Lucie Claire dégage les lignes directrices de la réflexion de Muret sur la nature de l’histoire en lien avec l’émergence du tacitisme.

Suivent une analyse de la réception des travaux de Muret, notamment au sein de la Compagnie de Jésus ; une riche bibliographie et un précieux index, nominum et locorum.

Virginie Leroux

Source : Cette recension a été publiée dans le Bulletin de liaison n°20 (décembre 2022) de la SEMEN-L (p. 43).

Échanges épistolaires autour de Pétrarque et Boccace. Sous la direction de Sabrina Ferrara. Editions Honoré Champion, collection Le Savoir de Mantice, n° 31, 2021. 456 p., broché, 15,5 x 23,5 cm. ISBN 978-2-7453-5738-0.

Échanges épistolaires autour de Pétrarque et Boccace. Sous la direction de Sabrina Ferrara. Editions Honoré Champion, collection Le Savoir de Mantice, n° 31, 2021. 456 p., broché, 15,5 x 23,5 cm. ISBN 978-2-7453-5738-0.

Les études recueillies dans ce volume constituent la synthèse des échanges, dans un esprit de dialogue humaniste, que certains parmi les plus éminents spécialistes de Pétrarque et de Boccace ont eus au Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR) de Tours en juin 2019. Le point de départ a été de vouloir faire le point sur les caractères et les rapports épistolaires entre les deux écrivains dont il nous reste un nombre inégal de missives, d’une tonalité fort hétérogène. Luca Marcozzi, Gabriella Albanese, Paolo Pontari, Marco Petoletti, Paolo Rigo et Marco Ariani se sont penchés sur ces aspects. À partir des deux auteurs, l’attention s’est naturellement déplacée vers leurs réseaux culturels, politiques mais aussi familiaux qui ont été explorés par Ilaria Tufano, Loredana Chines, Paolo Viti, Enrico Fenzi, Marco Cursi, Laura Regnicoli, Elsa Filosa, Igor Candido, Marco Veglia et Monica Berté.

La perspective résolument transversale, philologique, paléographique, littéraire et historique qui traverse ces études permet ainsi d’avoir une vision plus composite des relations entre les deux sodales par rapport au traditionnel aperçu Pétrarque magister/Boccace discipulus, et en même temps plus complète de leurs correspondants.

Source : Cette recension a été publiée dans le Bulletin de liaison n°20 (décembre 2022) de la SEMEN-L (p. 44).

Princeps philologorum. L’autorité du philologue dans les éditions de textes anciens à la Renaissance (Grenoble)

Source : https://www.fabula.org/actualites/princeps-philologorum-lautorite-du-philologue-dans-les-editions-de-textes_105142.php

Information publiée le 24 Novembre 2021 par Marc Escola (source : Sarah Gaucher)

À la croisée des recherches menées au sein de l’ANR IThAC, qui porte sur les paratextes théâtraux des auteurs anciens à la Renaissance, et du centre Translatio, qui s’intéresse à la transmission et à la réception des textes antiques, ce colloque se propose de réfléchir à l’autorité du philologue, compris au sens large de savant – éditeur, traducteur, correcteur – et de commentateur de textes anciens à la Renaissance.

Programme

Jeudi 2 décembre

9h Introduction au colloque – Florian Barrière ; Malika Bastin-Hammou ; Isabelle Cogitore ; Mathieu Ferrand

9h30 Conférence inaugurale. Martine Furno, Université Grenoble Alpes : « L’imprimeur e(s)t le philologue : enjeux sociaux, économiques et intellectuels de l’ethos philologique de l’imprimeur au XVIe siècle, de Josse Bade à Henri Estienne »

10h30 Pause

Session 1 : La question de l’autorité face au grec et à l’hébreu  – Présidence : Malika Bastin-Hammou

10h45 Christiane Louette, Université Grenoble Alpes : « L’imperturbable assurance du traducteur d’Homère à la Renaissance »

11h15 Jesús de Prado Plumed, Universidad Nacional Autónoma de México / École Pratique des Hautes Études : « Une joyeuse entrée ? L’institutionnalisation des savoirs juifs en Espagne inquisitoriale sous l’angle de la culture écrite de l’humanisme »

Session 2 : Éditer les poètes latins – Présidence : Mathieu Ferrand

14h Florian Barrière, Université Grenoble Alpes, et Bénédicte Chachuat, Université Toulouse-Jean Jaurès : « Gregor Bersmann, éditeur de Lucain »

14h30 Matteo Rossetti, Università di Milano : « Poetam ego primus pubblice legi. Lorenzo Bonincontri, primo commentatore di Manilio »

15h Virginie Leroux, École Pratique des Hautes Études : « Conflits d’autorité : Marc-Antoine Muret et Joseph-Juste Scaliger éditeurs et commentateurs des poètes élégiaques latins »

15h30 Pause

16h Sarah Gaucher, Université Jean Moulin Lyon III : « Les paratextes à l’édition de Lucilius par Dousa (1597) »

16h30 David Amherdt, Université de Fribourg : « Conrad Gessner philologue »

Vendredi 3 décembre

Session 3 : Le philologue et l’écriture de l’Histoire – Présidence : Isabelle Cogitore

9h15 Agnese D’Angelo, Università di Roma “La Sapienza” : « Petrus Victorius’ edition of Sallust »

9h45 Marie-Laure Freyburger-Galland, Université de Haute Alsace : « Les éditions humanistes de Dion Cassius : la philologie au service de l’histoire romaine »

10h15 Pause

10h30 Kévin Bovier, Université de Fribourg : « Pédagogie, patriotisme et philologie : Johannes Rhellicanus et ses Annotationes à César »

11h Lucie Claire, Université de Picardie : « La fabrique du philologue. Stratégies auctoriales dans les Notae sur Quinte-Curce de Franciscus Modius (Cologne, 1579) »

Session 4 : Autorité diffractée : le philologue dans son siècle – Présidence : Florian Barrière

13h30 Gérard Freyburger, Université de Strasbourg : « L’écho de la préface de Béroalde à l’édition princeps de Censorinus dans l’exemplaire annoté par Beatus Rhenanus »

14h Pause

14h15 Philippine Azadian, École nationale des Chartes : « La mise en scène de la méthode philologique d’Adrien Turnèbe dans ses éditions »

14h45 Mathieu Ferrand, Université Grenoble Alpes : « Autorité et auctorialité partagée dans l’édition des vingt comédies de Plaute par Denis Lambin (Paris, 1576) »

15h15 Conclusions – Pascale Paré-Rey

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Informations pratiques

Date : 02-03/12/2021

Lieu : Université Grenoble Alpes (02/12/2021 F018 bâtiment IM2AG – 03/12/2021 Amphithéâtre de la MaCI)

Organisateurs : Centre de recherche Translatio (UMR 5316 Litt&Arts) – ANR « IThAC »

Organisé par Florian Barrière, Malika Bastin-Hammou, Isabelle Cogitore, Mathieu Ferrand

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Suivi à distance : Zoom, pour obtenir le lien de connexion contacter sarah.gaucher@univ-lyon3.fr

URL DE RÉFÉRENCE

https://ithac.hypotheses.org/

ADRESSE

Université Grenoble Alpes (02/12/2021 F018 bâtiment IM2AG – 03/12/2021 Amphithéâtre de la MaCI)

Colloques 2020-2021

Voici la liste des colloques et journées d’étude recensés par la SEMEN-L pour l’année 2020-2021 : vous pouvez la télécharger ici.

Colloques 2020-2021

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Rubrique colloque 2020-2021

– 5-6 octobre 2020, Journée d’études : « Remembratio codicum. Manuscrits fragmentaires de chant reconstruits », org. J. Delmulle (IRHT) et H. Morvan (Institut Ausonius), Université Bordeaux Montaigne

– 15 oct. 2020, Amiens (Logis du Roy), UPJV-UR 4284 TrAme, Journée « Écrire en poète au temps des conflits confessionnels », org. A. Duru (audrey.duru@u-picardie.fr).

– 23 octobre 2020. Atelier Pédagogies de la Renaissance et supports de l’écrit, org. Lucie Claire, Martine Furno, Anne-Hélène Klinger-Dollé et Laurent Naas, Villeurbanne, enssib,

– 16-18 novembre 2020, Université de Louvain-la-Neuve, colloque « Penser autrement les lettres et les arts : la voie/voix de la scolastique (1500-1700) », org. R. Dekoninck – A. Guiderdoni – A. Smeesters, contact aline.smeesters@uclouvain.be

– 21 novembre 2020, Atelier XVIe siècle : « Le grec à la Renaissance », Amphithéâtre Chasles, 10h-17h.

– 12 février 2021, Colloque inaugural de l’Association canadienne d’études néo-latines/Canadian Association of Neo-Latin studies, org. P. Cohen (University of Toronto), M. McShane (University of Toronto), J. Nassichuk (University of Western Ontario), L. Roman (Memorial University), F. Rouget (Queen’s University).

– 23-24 février 2021, Colloque Histoire et transmission de la Passio imaginis Salvatoris, org. Nick Thate, Aubervilliers, Campus Condorcet.

– 1er et 2 avril 2021, « La vie du livre » et « Les bibliothèques et collections » en Aquitaine à l’époque de Montaigne. (à préciser)

– 7-10 avril 2021, Dublin (en visio-conférences), Renaissance Society of America 67th Annual Meeting.

– 7-10 avril 2021, Dublin (en visio-conférence), Session double « The women’s issue among Italian and French humanists : I. Debates / II. Representations », org. L. Boulègue (UR UPJV 4284 TrAme) – S. Gambino Longo (U. Lyon), RSA 67th Annual Meeting.

– 7-10 avril 2021, Dublin (en visio-conférence), Table ronde « Les Opera omnia de Jean Second (1511-1536) », org. M. Laureys (U. Bonn) – V. Leroux (EPHE, PSL), RSA 67th Annual Meeting.

– 20 mai 2021, Journée thématique : « Les « révélations » comme support de transmission d’un savoir cosmologique », org. I. Draelants, J.-Ch. Coulon et E. Abate, Aubervilliers, Campus Condorcet.

– juin 2021 (dates à préciser), Dijon, Université de Bourgogne, Congrès de la Semen-L « Latin et grec au Moyen Âge et à la Renaissance », org. S. Laigneau-Fontaine (sylvie.laigneau-fontaine@sfr.fr) et E. Oudot

– 4 juin 2021, Université de Picardie Jules Verne – Amiens, Journée scientifique du Congrès de l’Aplaès,  » Imitation des modèles et intertextualité(s) de la Grèce ancienne à la Renaissance humaniste », org. L. Boulègue, M. Brouillet, N. Catellani, L. Claire, contact laurence.boulegue@u-picardie.fr

– 15-16 juin 2021, « Remembratio codicum. Manuscrits fragmentaires de chant reconstruits », org. J.-Fr. Goudesenne, G. Kagan(IRHT) et M.-É. Gautier (Bibliothèque municipale, Angers), Archives départementales, Angers et Tours.

– 21-23 octobre 2021, Colloque Pédagogies de la Renaissance et supports de l’écrit, org. Lucie Claire, Martine Furno, Anne-Hélène Klinger-Dollé et Laurent Naas, Sélestat, Bibliothèque humaniste.

Projets

– ARC Schol’Art : Les théories modernes des lettres et des arts à la lumière de la seconde scolastique (France-Italie, 1500-1700). Université de Louvain-la-Neuve – Gemca. Promoteurs : A. Guiderdoni, R. Dekoninck, A. Smeesters.

Projet Bordeaux

Burgundia humanistica : Les écrivains bourguignons qui écrivent en latin et/ou en grec aux XVIe et XVIIe siècles. Promotrice : S. Laigneau-Fontaine (Université de Dijon). Ce projet a reçu le soutien du Conseil Régional de Bourgogne, qui lui a attribué un financement et un contrat doctoral : Elena Ghiringhelli travaillera sous la direction de S. Laigneau-Fontaine et celle de Valérie Wampfler sur la Continuation des Fastes d’Ovide par le Dijonnais Claude-Barthélemy Morisot (1649). Plusieurs travaux actuellement en cours appartiennent par ailleurs à ce projet, par exemple l’édition, traduction, commentaire de la Gigantomachie de l’Autunois Jacques Guijon (1658). Le corpus est immense et varié (textes de droit, de médecine, tumuli, éloges, correspondances, poésies diverses…) et toutes les bonnes volontés désirant participer au projet sont les bienvenues !

– projet CREAMYTHALEX : La réception de l’Antiquité grecque en Europe. Promotrice Catherine Gaullier-Bougassas Le projet a d’abord porté sur la figure d’Alexandre le Grand et les travaux permis par un financement ANR ont été publiés dans la collection « Alexander redivivus » créée durant ce projet chez Brepols (http://www.brepols.net/Pages/BrowseBySeries.aspx?TreeSeries=AR). Il s’est ensuite élargi à la réception de l’Antiquité grecque d’avant Alexandre. Une nouvelle collection a ainsi été créée chez Brepols: « Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité », direction Catherine Gaullier-Bougassas

http://www.brepols.net/Pages/BrowseBySeries.aspx?TreeSeries=RRA&fbclid=IwAR0MNaU1ZLctpVqzbXIpFzeYEz0c_mIwGFpe1WpVLK7vDUMGOZCVMnYlflQ

Deux journées d’étude sont prévues en 2021, l’une sur les représentations de l’espace grec antique, l’autre sur les écritures mythologiques. Les dates ne sont pas encore fixées en raison de la crise. Contact pour les collègues intéressés par le projet : catherine-bougassas@orange.fr)..fr

M.-A. Lucas-Avenel, Geoffroi Malaterra, Histoire du Grand Comte Roger et de son frère Robert Guiscard (vol.1, livres 1 & 2), Presses Universitaires de Caen, 2016 (Brigitte Gauvin)

M.-A. Lucas-Avenel, Geoffroi Malaterra, Histoire du Grand Comte Roger et de son frère Robert Guiscard (vol.1, livres 1 & 2), Presses Universitaires de Caen, 2016, 447 p.

Vers 1100, Roger de Hauteville, devenu le Grand Comte de Sicile, charge Geoffroi Malaterra de relater ses triomphes en Italie méridionale. L’œuvre compte quatre livres, rédigés avec soin, dans le souci de plaire au commanditaire et d’instruire les lecteurs sur le sens des événements. Les deux premiers livres racontent comment les fils de Tancrède, victorieux des Lombards, des Byzantins, du pape et des Sarrasins, sont parvenus, par la force des armes et le soutien de Dieu, à établir un nouvel État normand en Pouille, en Calabre et dans la partie septentrionale de la Sicile. L’œuvre constitue une source importante, souvent unique, pour la connaissance de l’histoire de la conquête, de ses principaux acteurs et des populations d’Italie du Sud.

M-A. Lucas-Avenel donne de ces deux livres une édition qui saura satisfaire les historiens aussi bien que les philologues les plus exigeants. Présenté dans une introduction d’une grande richesse, le texte latin est accompagné en regard d’une traduction française précise et élégante, de notes philologiques et historiques, de planches et de cartes qui éclairent le lecteur sur les événements, les lieux et les personnages. Ce travail remarquable bénéficie d’une double mise en valeur superbement orchestrée par les Presses Universitaires de Caen et le Pôle du document numérique de la mrsh de Caen : le très beau volume papier se double en effet d’une édition numérique, accessible gratuitement sur le site de l’éditeur, grâce à laquelle le lecteur peut accéder à une bibliographie interactive permettant de consulter les fac-similés des éditions-témoins, à une recherche plein texte et à de nombreux autres outils ; parmi ceux-ci, on peut tout particulièrement signaler la possibilité d’afficher chaque témoin d’un même passage, grâce à des techniques d’affichage inédites, et même de les comparer sur l’écran : cette fonctionnalité permet de visualiser l’important travail d’établissement qu’a nécessité ce récit à la tradition textuelle complexe et dont les spécialistes attendaient depuis 1964 une édition qui lui rendrait justice. Ils seront comblés par celle-ci au-delà de toute espérance.

Brigitte Gauvin (Université de Caen Normandie)

Cette recension a été publiée dans le Bulletin de liaison n°17 (2019) de la SEMEN-L (p. 42).